Chronique album • Yungblud : « Weird! »

Yungblud confirme le début d’une ère mémorable avec “Weird!”


• Présentation •

Après des mois d’impatience et de teasing, l’attente du public de Yungblud est enfin récompensée avec la sortie de “Weird!“, le deuxième album studio du chanteur. De son vrai nom Dominic Harrison, l’artiste âgé de 23 ans avait jusqu’alors deux EP, un album et un univers déjà bien affirmé à son actif. Tandis que son EP “the underrated youth” sort en octobre 2019, il est de retour en studio dès le début de l’année 2020 et dévoile petit à petit des extraits de son opus à venir. C’est ainsi que les clips de “weird!“, “strawberry lipstick“, “god save me, but don’t drown me out“, “cotton candy” et “mars” sortent les uns après les autres, d’avril à novembre 2020. Le titre de l’album est quant à lui annoncé durant l’été et est tout de suite adopté par la communauté de Yungblud.

Avec ce nouvel opus, le Britannique souhaite repousser les limites, affirmer son univers et tester de nouvelles sonorités, tout en se montrant davantage optimiste. En effet, au mois d’avril dernier, Yungblud déclarait ceci sur NME : “C’est une nouvelle ère pour moi – une ère pleine d’optimisme. Je ne suis plus en colère à présent”. Un pari réussi ? Pour le savoir, continuez de lire 😉


 


• Un album créé avec et pour sa communauté •

Si vous demandez à l’artiste qui est Yungblud, il vous répondra qu’il ne s’agit pas que de sa personne mais d’une association entre lui-même, Dominic Harrison, et ses fans qu’il préfère d’ailleurs appeler sa famille. A travers “Weird!“, le jeune interprète reste 100% fidèle à cette déclaration. Fin 2019, alors qu’il était l’invité de Nagui dans l’émission Taratata, Yungblud expliquait que ses textes connaissaient une évolution en ce sens : de moins en moins centrés sur sa propre histoire, ils sont peu à peu devenus un véritable mélange entre ses ressentis et les expériences de vies de son public. Un constat que l’on ne peut effectivement pas nier en écoutant les 13 morceaux composant ce deuxième album.

Ainsi, tandis que “love song” retrace clairement sa perception passée et présente des relations amoureuses, “teresa” est quant à lui un titre inspiré d’une fan dont le petit ami est prématurément décédé. Et tandis que “ice cream man” évoque l’environnement plutôt conservateur dans lequel l’artiste a grandi, mars transforme le témoignage d’une jeune femme transgenre en un hymne déchirant pour une génération souhaitant faire bouger les choses. A travers ces chansons, Yungblud rejette l’idée d’une société violente qui n’accepte pas la diversité, une société discriminante qui ne pense pas au futur.

Donnant toujours un rôle primordial à ses fans, Dominic ne se contente pas de relater leurs histoires mais tient également à les remercier et à leur déclarer sa reconnaissance en musique. Dans la ballade intitulée “it’s quiet in beverly hills“, on retrouve alors une véritable déclaration d’amour destinée à sa communauté dans le refrain. Puis, dans “the freak show“, le dernier morceau de l’opus, Yungblud clôture l’album par une phrase criante de sincérité chantée à plein poumons : Times will change and you might break, but I will spend the rest of my life believing in you”. Une conclusion touchante qui donne immédiatement envie de réécouter l’intégralité du projet !

Avec “Weird!“, Dominic endosse un rôle multiple de chef de file, grand frère, confident, porte-parole et constitue ainsi un soutien de taille pour toutes les personnes qui le suivent. Une position qui force le respect !



• Un refus du conventionnel assumé •

A l’instar de la grande Amy Winehouse, Yungblud s’est souvent retrouvé face à des personnes souhaitant le façonner afin qu’il rentre dans un moule. Loin de lui l’idée de se plier à cela, Dominic affirme au contraire sa personnalité, sa polyvalence et son éternelle exubérance à travers ce nouvel album.

L’artiste tient par exemple à ne pas camoufler son accent d’Angleterre du Nord, chose que plusieurs professionnels lui ont reprochée. Malheureusement pour eux et fort heureusement pour nous, on peut notamment apprécier une bonne humeur contagieuse ainsi qu’un phrasé british à souhait dans “charity” et ses couplets presque parlés.

Si l’on retrouve des morceaux assez doux comme “cotton candy”, “love song” ou encore “it’s quiet in beverly hills” dans lesquels guitares acoustiques se mêlent à des mélodies assez pop, un contraste se fait ensuite très naturellement avec des titres plus rock. La chanson d’ouverture “teresa” illustre d’ailleurs parfaitement cela en débutant par un piano-voix profond ainsi que des notes presque semblables à une berceuse et en finissant ensuite en apothéose avec des chœurs et une instrumentale riche et percutante façon Queen. Dans “the freak show“, le jeune artiste s’inspire une fois encore du mythique groupe londonien en relevant le défi de changer pas moins de quatre fois de tonalité ! Avec des titres comme “strawberry lipstick” et “superdeadfriends“, Yungblud laisse également libre cours à sa folie et n’hésite pas à adopter un style punk et extravagant qui lui va si bien. Une énergie débordante que l’on retrouve aussi dans son duo explosif avec Machine Gun Kelly : “acting like that“.



• Le bilan •

A travers cet album brillant, Yungblud montre qu’il a définitivement trouvé sa place en tant qu’artiste. Les titres sont puissants, intelligents et profonds. Son univers est quant à lui bien construit et abouti. Le jeune Britannique entame ainsi une ère que l’on est pas prêts d’oublier et représente avec plus de fierté que jamais une communauté soudée et déterminée à se faire entendre. Grâce à des textes fédérateurs et touchants, le jeune Dominic démontre un talent de parolier indéniable ainsi qu’une maturité certaine, tant dans sa manière d’appréhender la musique que dans sa façon de voir la vie. Yungblud reste fidèle à lui-même et à sa communauté. Yungblud a trouvé sa voie.

Une consécration à découvrir en live sur la scène de l’Olympia l’année prochaine !


Yungblud weird! album review

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