Chronique album • Bilal Hassani : « Contre Soirée »

Bilal nous embarque dans son univers avec « Contre Soirée »


• Présentation •

Un an et demi après la sortie de son tout premier opus porté par le majestueux « Roi » qu’il a si bien su défendre jusqu’à la 14ème place de l’Eurovision, Bilal Hassani poursuit aujourd’hui son ascension en tant qu’artiste pop. Et si 2020 est pour beaucoup semée d’embûches, le jeune homme profite quant à lui de cette année pour débuter un nouveau chapitre. Depuis fin 2019, un objectif lui reste en effet en tête : donner vie au successeur de « Kingdom ». Après avoir tenu en haleine son public grâce à trois singles – « Fais Le Vide », « Dead Bae » et « Tom » – et à leurs clips respectifs au cours des derniers mois, Bilal vient maintenant lui faire découvrir un projet intitulé « Contre Soirée ». Un second album studio dont le concept particulier a vu le jour suite à un rêve du chanteur, alors qu’il passait le nouvel an à New York entre amis.

Pour cela, Bilal s’entoure notamment de Matthieu Mendès, aussi connu sous le nom de Mendes The Dude. Un auteur-compositeur-interprète et producteur au palmarès musical impressionnant ! De M. Pokora à Lou en passant par Lisandro Cuxi, on lui doit en effet de nombreux hits pop aux mélodies contagieuses.

Ensemble, ils parviennent alors à créer un opus à l’image du jeune artiste de 21 ans, composé de 13 morceaux à la fois surprenants et entraînants. Alors, « Contre Soirée » est-il un pari réussi ? Nous vous proposons de le découvrir dans les lignes à suivre !



• Un rêve mystique devenu disque •

C’est dans la biographie de l’album signée Loïc Prigent ainsi que durant son live de lancement diffusé sur YouTube hier soir que le monde découvre l’origine du concept de « Contre Soirée ». Une histoire plutôt anecdotique qui vient répondre à toutes les interrogations autour de ce projet aux allures futuristes. En janvier 2020, Bilal fait effectivement un rêve qui sort de l’ordinaire : une fête dans un univers galactique parmi des aliens. Voilà ce qui constitue le point de départ de ce voyage spatio-temporel initié par l’artiste et son équipe.

Du visuel de son album qui nous rappellerait presque l’univers du clip « Rain On Me » de Lady Gaga et Ariana Grande à la production riche en effets et en sonorités électro, « Contre Soirée » représente un lieu proche du paradis pour Bilal. Le jeune homme nous embarque alors dans un univers pop extravagant, sensuel et dansant qu’il a voulu construit en trois phases : « Contre Soirée a été écrit de manière chronologique. J’ai commencé à vivre l’album, au fur et à mesure que je l’écrivais, pendant cette année 2020 mouvementée. La partie Rose c’était à la sortie du confinement. La partie Rouge torride, c’est l’été quand j’ai bien profité. Et la partie bleue, déprimante/réflexion/nirvana/remise en question m’est aussi arrivée plus tard ».

En effet, si « Fais Le Vide », « Ailleurs » et « Flash » sont plutôt des morceaux feel good aux textes bien représentatifs de l’esprit diva de Bilal, nous découvrons ensuite des thèmes plus éloignés de la soirée que nous imaginons en premier lieu. Sur « Eros », ce sont par exemple des paroles beaucoup plus osées et explicites qui se dégagent (« nos corps ne font qu’un [..] tu le fais si bien ») pour laisser ensuite place à des sujets plus lourds de sens à la fin de l’opus. « Tom » et « Papa Maman » sont effectivement les chansons les plus touchantes du projet. Dans la seconde, très introspective, Bilal se montre transparent vis-à-vis de ses craintes passées et présentes. L’artiste a d’ailleurs révélé ne s’être jamais senti aussi vulnérable qu’à travers ce titre.



• La surprise comme maître mot •

Dès l’ouverture de l’album, une hôtesse pour le moins surprenante nous invite pour un voyage dans l’espace. Il s’agit de Zahia. Après avoir imaginé cette invitation particulière et flashé sur la voix de la jeune femme en regardant son documentaire, il s’agissait là d’un choix évident pour le chanteur. Pour le public, ce sont des premiers pas inattendus dans la « Contre Soirée » de Bilal.

Une chanson plus tard, c’est dans le morceau intitulé « Ailleurs » que se cache une autre surprise de taille : un featuring avec Loïc Prigent, grand nom français du monde de la mode. Une intervention placée avec soin par Bilal dans le morceau le plus « mode » de l’album. Dans le titre, cet invité de renom décrit alors avec un anglais teinté d’un accent bien français le look de l’interprète.

Enfin, comment parler de surprise sans évoquer l’univers tout entier de « Contre Soirée » ? Après la cover de l’album déjà très futuriste, c’est un clip non moins fantastique et galactique qu’ont découvert les fans de l’artiste hier soir ! Une ambiance très particulière pour laquelle le jeune chanteur s’est notamment inspiré des films X-Men.



• Un aspect artificiel assumé •

Chanson après chanson, les effets et sonorités house/électro s’enchaînent et se multiplient. En effet, tout au long de l’album, on remarque vite un mariage entre modernité et inspirations tout droit venues des 90s/2000s. Résultat : un rendu que l’on peut qualifier d’artificiel et qui est tout à fait assumé par Bilal ainsi que par Matthieu Mendès, producteur de l’album.

Dans l’interlude « Dose », on note par exemple une instrumentale très présente, tout comme dans « Control », si bien que l’on s’imagine directement des chorégraphies dont Bilal a le secret. Et même les chansons les plus douces ne font pas exception à la règle. En effet, bien que loin d’être dansantes, « Tom » et « Papa Maman » sont également dotées de sonorités très travaillées et artificielles. Une prise de risque qui fonctionne mais qui peut peut-être laisser sur leur faim les amateurs de balades plus épurées. La version piano-voix de « Tom » interprétée hier soir dans le live de lancement aurait par exemple pu constituer un bel ajout à la tracklist de « Contre Soirée » mais correspond, il est vrai, moins au concept imaginé par le chanteur.



• Le Bilan •

Avec « Contre Soirée », Bilal Hassani signe un deuxième album au concept futuriste qui nous embarque dans un univers correspondant très bien à l’extravagance de l’artiste. Il laisse s’exprimer son esprit diva et on ne peut qu’apprécier ce côté décomplexé et bête de scène ! Bien que la production prenne une place parfois imposante, le timbre chaleureux et assuré de Bilal est tout de même mis en avant avec brio. On ne peut effectivement plus ignorer la splendide puissance vocale et les impressionnantes high notes du jeune homme ! Nul doute que son public n’a désormais plus qu’une hâte : découvrir cet univers en live lors d’une prochaine tournée. En attendant, les fans auront l’occasion de découvrir les coulisses de ce projet hors du commun dans un documentaire qui sera révélé début 2021.


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