Chronique album • Hoshi : « Sommeil Levant »

Hoshi est de retour avec son deuxième long format !


• Présentation

En l’espace d’un peu moins de trois ans, Hoshi a su s’imposer comme l’une des figures emblématiques de la culture francophone. Fin 2017, elle publie son premier EP qui conduira quelques mois plus tard à la parution très sollicitée par les fans d’un long format exceptionnel. Nous avions alors droit le 23 mars 2018 à « Il Suffit D’Y Croire », emmené par les tubes « Ta Marinière » ou encore « Femme À La Mer » pour ne citer qu’eux. Aussi, le succès retentit dans toutes les salles de spectacle de l’hexagone où la jeune femme y retrouve à chaque représentation les acclamations par milliers. La tournée se veut triomphale, et pendant ce temps, l’artiste réfléchit déjà dans l’ombre à un deuxième opus.

Nous voici donc, en ce 5 juin 2020, les heureux détenteurs de « Sommeil Levant », après quelques semaines de patience supplémentaires. Pour cause, indépendante de la volonté de Hoshi bien évidemment, la triste pandémie de coronavirus. Porté par l’hymne à la tolérance et au respect des mœurs de chacun « Amour Censure », le disque se voit garni de quatorze nouvelles chansons dont une collaboration avec mademoiselle Corine le temps de « Larmes De Croco ». Alors, qu’en est-il de ce deuxième essai ? S’avère-t-il agréablement transformé ou devez-vous passer votre chemin ? Le débriefing complet de cette nouvelle salve de titres, c’est dans les lignes à venir !



• Un projet encore plus personnel … •

Nous l’accueillions plus timide et réservée sur son premier album. À présent, Hoshi use de ce nouvel essai pour se livrer davantage à son public. « Sommeil Levant » s’inscrit comme une communion sans concessions avec son public. Le tout sous le signe du partage, du respect et de l’égalité entre tous. Pour ce faire, l’artiste a sorti sa plus belle plume. Elle nous livre en toute transparence des textes d’une magnificence sans précédent. Avec sincérité, délicatesse et amour, elle nous propose un voyage au gré des sens et des émotions. Celui-ci s’opère au cœur de son quotidien certes, de ses combats, mais la chanteuse n’hésite pas non plus à nous replonger des années en arrière avec un brin de nostalgie des plus touchants.

L’opus se définit comme une véritable mise au point. En effet, d’entrée, le temps de l’introduction éponyme du projet, la jeune femme donne le ton. Hoshi se met davantage à nu et se présente le plus simplement possible. Comme une artiste de son époque qui n’en a que faire de la starification. Véhiculer des valeurs et des sensations n’en est que plus glorieux à son sens. Elle use donc de sa passion pour la musique afin de réveiller en nous cette âme aussi bien innocente qu’avisée. Celle qui a pour but de croquer la vie à pleines dents et de profiter de chaque occasion d’aller toucher la réussite du bout des doigts. Un leitmotiv martelé habilement par le poignant, motivateur et fédérateur « Marche Ou Rêve ».

Aussi, Hoshi ne manque pas de relater de son passé avec humilité. Elle part puiser avec nostalgie ce qui a fait d’elle aujourd’hui cette demoiselle si brillante et merveilleuse. Dans « SQY » par exemple, qui est l’un de nos morceaux favoris du disque, elle rend hommage à sa ville Saint-Quentin en Yvelines. L’artiste s’y souvient d’une jeunesse portée par l’idée de profiter de l’instant présent. De quoi mieux se projeter vers ses désirs les plus intenses. À travers « Migracœur », elle évoque avec subtilité une peur certaine de s’engager en amour. Et ce, bien qu’elle cherche éperdument l’âme sœur qui saura la compléter au quotidien. C’est d’ailleurs avec émotion qu’elle rend hommage à sa moitié, sa compagne Gia Martinelli, dans une déclaration enjouée et relativiste intitulée « La Plus Belle Partie De Moi ».



• … Mais aussi engagé à souhait ! •

Si la demoiselle profite de cette deuxième vague de titres pour se raconter encore plus, elle n’omet pas par ailleurs de porter en musique son point de vue sur bien des causes qui lui sont chères. Nous pensons bien évidemment, par ces dires, à l’hymne universel « Amour Censure » où elle prend position pour défendre la communauté LGBTQ+.

Le temps de « Coule Mascara », Hoshi propose un axe de réflexion autour des paradoxes qu’abrite malheureusement la société. Et ce, à cause d’un climat véhément et anxiogène tristement découlant vers l’insécurité. Tandis que l’on nous reflète médiatiquement une vérité tronquée et inexacte, nous devrions faire semblant d’être heureux. Tout en étant conscients d’apercevoir une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Et ce, au détriment de nos vies alors que nous voyons la réalité intégralement intègre nous être cachée. Les risques de plus en plus conséquents, et devenus omniprésents, elle exerce un devoir de mémoire fort en faisant référence aux terribles attentats du 13 novembre 2015.

Aussi, dans la continuité de ce propos, Hoshi cible dans « Bluff » le capitalisme et la quête du pouvoir à tout prix. Une soif incessante dans l’optique de gonfler son compte en banque. Elle s’insurge également contre l’insouciance générale. Et ce, le temps du très contrasté « Enfants Du Danger ». La demoiselle soulève une réflexion sur soi-même concernant l’avenir de notre belle planète bleue alors que nous ne cessons d’épuiser ses ressources et de la détruire, de la polluer.



• Une production à la pointe de la perfection ! •

Pour ces quatorze nouvelles chansons, Hoshi a de nouveau fait appel à l’excellent producteur Tristan Salvati. Les prises de risques sont au rendez-vous et se montrent percutantes à souhait. Encore plus éclectique que son prédécesseur, « Sommeil Levant » emprunte aux années ’80 sa funk fougueuse le temps de l’exceptionnelle association avec Corine sur « Larmes De Croco ». « Ita Vita », quant à elle, va puiser dans un univers latino pour un rendu tout à fait réussi et enjoué. De plus, elle nous livre une ballade forte en émotions nommée « Fais-Moi Signe » dans laquelle elle revient sur sa surdité dans la transparence la plus absolue. Aussi, par rapport à « Il Suffit D’y Croire », l’interprète de « Bouche De Métro » propose une dynamique plus électro à notre sens. Le tout offre un panel de sonorités des plus larges pour une quarantaine de minutes inlassablement génialissimes.



• Le bilan •

Hoshi nous sert aujourd’hui un deuxième disque des plus complets et a su nous ravir dès les premières notes de par un talent indéfectible et suffisamment puissant. À juste titre, « Sommeil Levant » est à la musique, selon nous, ce que la Joconde est au Louvre. Il s’agit d’une pièce maîtresse indiscutablement indispensable qui saura vous livrer ses plus grands secrets au fur et à mesure que vous y prêterez attention dans les moindres détails. Artistiquement parlant, nous avons là affaire à du haut de gamme certain. Un véritable diamant brut que nous vous sommons d’ajouter à votre collection sans la moindre hésitation !


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