Claudio Capéo : « J’avais envie de chanter l’Italie, la dolce vita ! »

À l’occasion de la sortie de son nouvel album, le chanteur se confie à notre équipe !


• Présentation ⇒ Il est l’une des figures emblématiques de la chanson française contemporaine, que l’on ne dissocie plus de son fidèle accordéon, et qu’il n’est plus vraiment nécessaire de présenter tant il est devenu incontournable en l’espace de quatre ans de carrière seulement. Nous avons nommé Claudio Capéo !

Après deux albums à succès, ayant séduit au total plus d’un million d’acquéreurs, plus de trois cents concerts et des centaines de milliers de fidèles sur les routes à ses côtés, l’artiste est de retour avec un album plus intimiste, depuis ce le 4 décembre dernier. Il s’agit bien entendu de « Penso A Te », un disque où le chanteur revient à ses racines, et nous ramène le doux parfum chaleureux d’une Italie pleine de jolies surprises sur dix-sept chansons exceptionnelles qu’il emprunte volontiers à ses plus grandes influences tout en les réinterprétant à sa manière.

Actuellement en pleine promotion de l’opus, Claudio Capéo nous a accordé une petite interview dans laquelle il nous retrace la naissance de ce projet, et nous en livre ses secrets. Du besoin de rendre hommage à ses origines en passant par l’envie folle de relever le défi d’apprivoiser la langue de ses aînés à nouveau, tout en rendant hommage à ceux qui l’ont inspiré depuis sa plus tendre enfance, l’artiste se confie, et ses réponses sont à retrouver sans plus attendre ci-dessous !



Live Actu : Alors, avant de commencer cette petite interview Claudio, comment vas-tu ?

Claudio Capéo : Et bien écoute ça va très bien merci, l’album est sorti depuis un peu plus d’une semaine ! On est content, on travaille beaucoup pour que ça se passe bien, tout va très bien !

Live Actu : Justement, parlons-en de cet album tout à fait bienvenu en ces temps-ci ! On y ressent un besoin de se ressourcer, une sorte de libération, de continuer à faire vivre ta musique malgré les circonstances actuelles !

Claudio Capéo : Ouais, parce que si l’on commence à ne penser qu’à ça on ne fait plus rien, c’est super compliqué ! On a travaillé en amont, on n’a jamais rien lâché. On fait de la musique ! Là, on a enregistré un album et d’un coup, il y a le confinement qui nous tombe dessus, on se dit qu’on ne pourra pas le sortir parce qu’il n’y aura personne pour aller l’acheter. Finalement on l’a sorti parce que, même s’il y aura de moins de ventes, ça va apporter un peu de bonheur dans les foyers, à ceux qui rêvent de voyager, et qui pourront se le procurer. Ça leur donnera l’impression de s’évader, tout en écoutant de la musique tout simplement !

Live Actu : En espérant que l’on va vite s’en sortir de cette situation tout de même, mais bon il n’y a pas de raisons !

Claudio Capéo : Ouais ! Exactement ! C’est super positif, on avance, tout le monde fait attention ! D’ici quelques mois, ça va être génial, on va reprendre notre vie comme avant, et ce sera bien plus fou parce que les gens nous manquent, les bars nous manquent, les restaurants nous manquent… et voilà quand tout ça rouvrira, on fera une énorme fête tous ensemble !

Live Actu : Et on va encore plus kiffer l’instant présent, plus que jamais !

Claudio Capéo : C’est clair ! Il faut qu’on aille de l’avant, et ne pas se laisser abattre !

Live Actu : Comme tu dis ! Déjà, merci à toi pour cet album, de n’avoir jamais lâché ton public ni baissé les bras ! Et du coup, par rapport à « Penso A Te », j’aimerais savoir comment t’est venu ce processus de miser sur l’italien majoritairement, et d’inclure tout de même quelques chansons en français ?

Claudio Capéo : Écoute, en fait ça fait hyper longtemps qu’on avait cette idée en tête. Ça fait quelques années ! Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis un petit garçon de parents immigrés qui ont débarqué en France dans les années ’60. J’ai un papa qui vient de Molise et une maman qui vient de Sicile, donc tous les deux italiens. J’ai toujours grandi avec cette culture, avec ces chansons italiennes, avec la pasta pomodoro, la pasta à la sauce tomate, avec le tiramisu… Ça parlait italien à la maison ! Mais quelque part, j’ai un petit peu oublié tout ça, parce que quand tu es adolescent, en plus de faire de l’accordéon, en plus d’être petit, en plus d’être italien, j’ai voulu mettre certaines choses de côté ! Et au final, j’ai 35 balais et je me suis rendu compte, lorsque je suis allé en Italie pour tourner le clip de « C’Est Une Chanson » que c’est toute ma vie. J’ai passé toutes mes vacances en Italie, avec toute cette famille qui est toujours en Italie, et cette fois-ci je me suis dit que ça faisait partie de moi, qu’il fallait que je le fasse. Je ne suis pas du tout en manque d’inspiration, des chansons on en a mais j’avais envie de chanter l’Italie, la dolce vita, ces parfums… On a eu envie de faire autre chose, d’un petit moment perdu comme ça, et de kiffer !

Live Actu : C’est aussi une manière de montrer que tu n’as pas oublié d’où tu viens, ta reconnaissance envers ce parcours extraordinaire. Dans certaines interviews, tu évoques de lourds moments de galère mais tu as toujours su te relever, tu as fait The Voice, deux albums à succès, aujourd’hui tu en es à ton troisième. En t’écoutant, on se rend compte que tu es un modèle de réussite qui gravites autour de la fraternité, de la solidarité, de bienveillance !

Claudio Capéo : C’est gentil ! En tout cas je suis fidèle tu sais, et puis tout seul on ne fait rien, on a besoin des uns et des autres. J’ai mes Capéos qui sont toujours à côté de moi, c’est ma deuxième famille, je leur dois tout ! On est ensemble, on bosse ensemble, on avance ensemble, on construit cette histoire ensemble ! En tout cas, on a envie qu’elle dure mais surtout qu’elle soit belle, sereine, malgré ce travail et ces situations difficiles. On a envie de se mettre au service de la musique, de pouvoir la faire vivre tout simplement !



Live Actu : L’histoire est d’autant plus belle car, je ne sais pas si tu t’en rends compte lorsque tu prends du recul sur ta carrière, mais pour nous dans l’équipe, tu es une vraie passerelle entre les générations et les cultures ! Revenir aussi habilement avec un album en italien, assumé, basé sur des reprises, qui nourrit un attrait pour ce qui nous est, en France, assez inconnu, sans déstabiliser l’auditeur, c’est prodigieux !

Claudio Capéo : Alors, je ne sais pas si c’est gagné, si les gens vont comprendre un peu l’italien à travers la musique. Ce serait chouette ! Mais c’est sûr que la nouvelle génération, les petits jeunes, vont pouvoir peut-être écouter ces petites chansons et connaître ces grandes chansons finalement, c’est pas rien ! Comme tu me disais tout à l’heure, on a cette chance de pouvoir faire des concerts de dingue avec des milliers de personnes chaque soir et d’avoir trois-quatre générations différentes dans la salle. C’est quand même un truc de dingue ! Ils sont tous là, des grands-parents aux tout petits, c’est assez merveilleux ! On essaie de faire plaisir à tout le monde, en faisant la musique qu’on aime. Vu qu’il y a de l’accordéon, notre bonne humeur, que c’est assez rythmé en plus… On ne ment pas, on dit la vérité, rien que la vérité, quitte à passer pour des cons mais c’est rigolo ! On se laisse porter et on y va, on avance comme ça et on est serein !

Live Actu : On t’avait vu d’ailleurs à L’Olympia l’année dernière ! C’est fascinant de voir autant de gens de diverses générations qui connaissent tes chansons par cœur, qui les chantent avec toi, qui sont complètement en communion avec ce que tu dégages sur scène, cette complicité qui étend ta deuxième famille à ton public. Tu partages des anecdotes, des petites vannes que vous vous faites au sein de l’équipe… Le tout comme si on l’avait vécu avec vous tous en fait !

Claudio Capéo : C’est ça ! Et je n’ai pas envie de leur raconter des histoires à la con sur mes galères par exemple. Je préfère raconter ce qu’il s’est passé ce matin, quand le mec est sorti du bus et qu’il s’est éclaté la gueule dessus (rires). C’est ce genre de petites histoires là tu vois, et je pense que c’est aussi ce que les gens veulent entendre parce que ce sont des moments qui ne sont qu’à nous, c’est du off ! Au final, quand tu racontes ce genre de petites anecdotes, les gens ont l’impression de rentrer un peu dans notre vie, de nous suivre aussi, quelque part. Après, rien n’est calculé dans les blah blah, il n’y a aucune feinte… Je ne sais jamais ce que je vais dire, c’est toujours impro, impro, impro ! Des fois sur un concert, je vais prendre vingt minutes de plus, parce que je parle trop… J’ai envie de prendre le temps de raconter des trucs mais tu sais aussi c’est parfois bien de se taire (rires).

Live Actu : Ah mais non, ne va pas te taire en concert ! (rires)

Claudio Capéo : Parfois je suis chiant, mais bon… enfin bref (rires)

Live Actu : D’ailleurs, ces petites anecdotes que tu racontes, finalement c’est un peu l’extension de ta musique ! C’est toujours très solaire, très positif, et ça redonne du baume au cœur pour aller décrocher sa propre petite étoile à soi !

Claudio Capéo : C’est exactement ça !



Live Actu : Revenons un peu à « Penso A Te ». Ce qui est bien avec cet album c’est que l’on découvre aussi une autre facette de toi, tu es un peu le pote que l’on vient de rencontrer mais qui parvient à nous embarquer dans ses délires, parce qu’il a énormément de choses à nous raconter, d’éléments de la vie à nous faire découvrir ! Il y a une notion palpable d’authenticité et de transparence dans ce disque, encore plus ancrée que sur les deux précédents j’ai l’impression. Le tout en faisant honneur à ces racines. Aussi, j’imagine que la sélection de ces dix-sept titres a demandé beaucoup de réflexion. Peut-être en avais-tu plus à proposer ?

Claudio Capéo : Ouais ! Bah écouté, mes bras sont toujours ouverts tu sais. On adore parler, passer des soirées, rigoler. C’est la vie ! Ce sont des choses qui nous ont permis d’avancer, d’être là aujourd’hui. C’est important d’être là pour son prochain, sa famille, ses amis, que ce soit quand c’est compliqué ou quand ça va. Et tu sais quoi, effectivement, le choix a été super compliqué parce qu’il y a énormément de très belles chansons italiennes. Il y a énormément de morceaux que j’ai dans la tête, que j’écoute depuis tout petit, que j’écoutais dans le radio-cassette de mon père quand on partait en Italie. C’étaient toujours les mêmes cassettes en plus qui tournaient en boucle. Il a fallu retrouver les cassettes de papa pour l’album, fouiller à droite à gauche, mais aussi écrire quelques chansons à côté. Et puis voilà, l’album était là, tout simplement ! Après, on aurait adoré qu’il y ait vingt-cinq titres sur l’album, mais ce n’est pas possible. Et dix-sept c’est pas mal en soi, ça fait déjà un bel album ! Il y a aussi ce choix en studio, de savoir si l’on garde la version up-tempo, la version plus jazzy, ou la version française… Mais finalement, à force de les écouter et de les travailler, ça devient assez simple de faire le tri.

Live Actu : Tout à l’heure, on parlait de la barrière de la langue, mais finalement ce n’est pas déstabilisant ! Parce que tes choix ont réussi à constituer quelque chose où priment les émotions, et que l’on maîtrise l’italien ou non, on arrive à ressentir ce que tu as voulu véhiculer de par ton interprétation qui, j’imagine, apporte une nouvelle dimension aux titres que tu as décidé de retravailler. Tu n’es pas un simple chanteur en réalité, tu es un véritable interprète !

Claudio Capéo : C’est d’autant plus compliqué lorsque ce sont des reprises de chanteurs à voix, avec de grandes mélodies qui ont quand même bercé pas mal de générations. Et là, t’as le petit français qui arrive, qui va reprendre tout ça ! Bien sûr il va être accompagné de personnes très talentueuses, qui vont porter le projet. Je pense à Regis Ceccarelli, Davide Esposito et puis toute ma team qui est derrière ! D’abord, la création de la chanson, de la musique, c’est pas rien. On veut rendre le truc un peu plus jeune, mais pas trop. On veut rester avec ces couleurs, ce soleil, mais on ne veut pas copier l’originale. Après, comment faire vu que l’originale est déjà parfaite ? Là, je vais essayer d’apporter ma patte, et la meilleure des façons pour moi c’est de vivre le texte, de savoir de quoi ça parle. J’ai dû partir en Italie, pendant plusieurs semaines du coup, pour reprendre la langue, la culture, me recentrer sur tout ça, et pour préparer ce jour où je rentre en studio et me retrouve face au micro.

Live Actu : Le résultat est au rendez-vous, l’album est vraiment très réussi ! Il ne nous reste que quelques secondes, alors je vais faire vite. Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ?

Claudio Capéo : Écoute je sais pas… Des concerts avec mes petits Capéos, de l’amour, et puis voilà, que tout aille bien, que l’on se retrouve assez rapidement !

Live Actu : Merci beaucoup à toi Claudio, et à très bientôt !

Claudio Capéo : Merci à toi, avec plaisir, c’était cool ! Ciao ciao !




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