Chronique album • Chilla : « MŪN »

Chilla livre enfin son premier album très attendu !


Présentation ⇒ Un peu moins de deux ans après avoir envoyé son premier EP « Karma », Chilla nous reviendra le 5 juillet avec du flambant neuf. La jeune femme prévoit en effet d’assaillir les ondes et les réseaux avec « MŪN », porté par une salve de hits en puissance criant d’authenticité et annonciateurs d’un talent aussi vaste que son éclectisme. « 1er Jour D’École », « Mira », « Dans Le Movie #1 »« Oulala », « Jungle »… ils figureront tous bel et bien au tracklisting de cet opus fourni de 17 titres. Entre rap et chant, l’artiste jongle avec ses influences et propose une expérience d’écoute dans le prolongement de son précédent essai.

Nous avons eu la chance de découvrir « MŪN » il y a déjà quelques semaines. Autant vous dire que nous avons bien pris le temps de le savourer et de l’analyser pour vous proposer aujourd’hui une chronique des plus complètes. Alors, que vaut le premier album de Chilla ? La réponse est dans les quelques lignes à venir !



Chilla à cœur ouvert ! ⇒ Pour ce premier long format, Chilla a décidé de se livrer à un exercice tout à fait différent que sur « Karma ». La jeune femme a en effet poussé l’introspection à son paroxysme le temps de « MŪN » et s’est constituée un véritable petit cocon pour l’occasion. Parmi ces 17 nouvelles pistes, nous retrouvons une Chilla à fleur de peau, qui n’hésite pas à se confier sur ses états d’âme.

Il est important de souligner l’une des thématiques récurrentes de l’album, à savoir la déception. Chilla met sa plume à l’épreuve d’un ressenti sur son époque, en toute transparence. Effectivement, la jeune artiste n’hésite pas à évoquer le malaise d’une génération dont elle fait partie, selon divers axes d’observation.  À l’aide du morceau « Aimer » par exemple, elle nous amène une réflexion autour de l’amour qui perd de sa valeur face à la quête incessante du pouvoir. Et ce manque d’amour, Chilla le vit malheureusement trop souvent selon différents cas de figure.

La jeune femme met en exergue la trahison d’anciens amis notamment face à son succès – appuyée par le talentueux Kalash le temps de « Ollie ». En découle fatalement le manque de confiance, le repli sur soi-même bien que ses valeurs demeurent au fond toujours intactes. En témoigne le single « Oulala » où l’interprète de « Aller Sans Retour » affirme privilégier ses relations avant la gloire.

En amour, Chilla a malheureusement rencontré bon nombre de peines sur son parcours. Si « Bridget » présente la peur de ne pas finir sa vie avec la bonne personne, « Mira » évoque l’infidélité potentielle dont elle pourrait être victime tandis que le titre « Pour La Vie » s’oriente vers l’absence soudaine et brutale de l’être aimé. Par conséquent, Chilla préfère prendre du recul et se sert de ses épreuves pour mieux rebondir, en parfaite harmonie avec la musique qui lui donne les bagages nécessaires pour retrouver confiance en elle-même, et se montrer davantage déterminée.



Le surpassement de soi-même ! ⇒ Si la mélancolie prime quelque peu sur le disque, Chilla s’en sert pour apporter une touche tout à fait positive. « MŪN » se construit de manière à comprendre l’évolution de la jeune femme. Blessée par les aléas du quotidien, elle n’en ressort que plus forte encore et compte bien prendre sa revanche sur la vie. Pour ce faire, ses beaux souvenirs, sa plume parfaite et sa détermination sont de mèche.

« 1er Jour D’École » – qui ouvre l’opus – donne immédiatement le ton. Pour ce hit, coécrit avec Youssoupha, la jeune chanteuse fait part de ses regrets quant à ce qu’elle a dû apprendre par elle-même, la laissant d’une certaine manière livrée à l’inconnu. Force est de constater que sa persévérance et son besoin de mettre les siens à l’abri l’ont conduite à apprendre de son entourage proche pour s’endurcir davantage.

Quand « La Nuit », Chilla préfère vivre en marge et se laisser aller afin de faire le point sur ses tracas, cela a pour but de mieux rebondir comme en témoigne le paradoxal « Solo » notamment – qui vient clôturer « MŪN » avant une trilogie de freestyles bonus. Elle y évoque la peur de finir sa vie seule, certes, mais est cependant consciente qu’elle ne doit s’en remettre qu’à elle-même pour goûter à la réussite et vivre de sa passion comme elle l’a toujours rêvé.

Et Chilla a bien grandi surtout, comme le prouve « Plus La Même » où elle s’adresse à tous ceux qui n’ont pas cru en elle jusqu’à présent. Détrompez-vous les concernés, l’artiste est bel et bien prête à enfoncer toutes les portes qui lui ont été trop longtemps fermées. Une manière pour la jeune femme de prendre une revanche certaine sur un passé tumultueux.

À noter que cette détermination, Chilla la dédie et la met au profit de sa famille qu’elle désire plus que tout rendre fier. Et notamment son papa qu’elle a perdu plus jeune – à qui elle avait dédié le morceau « Chico » en 2017 – à l’aide du déchirant et conscient à la fois « Tic Tac ». Le temps passe mais Maréva – de son vrai nom – est bien décidée à agir malgré les incertitudes.

Par ailleurs, le surpassement de soi-même se traduit en musique à l’aide des quatre titres les plus incisifs du disque à notre sens, à savoir les purement rappés. Nous pensons à « Dans Le Movie #1 » ainsi qu’aux trois bonus « Jungle », « Dis-Leurs » et « Am Stram Gram ». Ces quatre petites pépites attestent que Chilla maîtrise toujours aussi bien l’exercice de style et ne se résume pas à simple rappeuse féministe. Ces titres précis lui permettent d’asseoir son authenticité et le fait qu’elle soit unique. Effectivement, son talent incomparable s’explique par ses constats qu’elle affronte avec aisance, réprimandant le fait d’être catégorisée, étiquetée ou encore pointée du doigt, jugée illégitime. Chilla sait tout faire, maîtrise aussi bien le chant que le rap, et c’est indéniable.



Le bilan !Chilla nous livre un premier opus bourré de pépites. Côté production, « MŪN » se révèle irréprochable, et appose davantage la signature exceptionnelle du compositeur Fleetzy qui a assuré la majorité des morceaux du disque. Nous retrouvons une demoiselle sensible, affectée aussi bien par son passé que par ses observations actuelles, avec une touche évidente de sincérité et d’humilité. Le projet se montre intuitif, et didactique, nous immergeant davantage dans un univers fort bien construit. Certes, nous aurions aimé un peu plus de rap, mais la qualité de l’album est à la hauteur de nos espérances. En bref, Chilla signe en ce début d’été un indispensable de l’année, sur lequel elle s’assume pleinement et n’a pas peur de prouver à bien du monde au-delà de ses fans qu’elle en a dans le ventre. Félicitations !



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