Hubert Lenoir nous livre un autoportrait éclectique sur son 2ème album

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Hubert Lenoir signe son retour tant attendu. Deux ans après son premier album à succès “Darlène”, la rock star québecoise revient avec “Pictura de ipse: Musique directe”. Un album où Hubert Lenoir semble s’être trouvé et où il nous ouvre grand la porte sur son intimité et sur sa personnalité. Et pour cause, la traduction de la locution latine “pictura de ipse” veut littéralement dire “peinture de soi-même”. A travers les 20 titres parus sur ce disque ce 15 septembre, partons à la rencontre de Hubert Lenoir, plus décomplexé que jamais, qui nous dresse son propre portrait. Voyons comment l’enfant terrible du Québec qu’on connaissait sur « Darlène » devient ici “le mouton noir”


Un autoportrait touchant et provoquant

C’est son autoportrait que Hubert Lenoir nous dresse sur fond de synthétiseur. Dès le premier titre “9:42PM Nouvel enregistrement”, il se présente en ces mots: « J’ai rien en commun – Je préfère flairer mon parfum – Que d’attendre l’approbation de quelqu’un – Mais t’as l’air de quelqu’un – Qui peut apprécier le fait – Que j’suis pas quelqu’un d’ordinaire ». Et n’importe qui le comprendra rapidement en écoutant son deuxième album. Sensible et touchant, il y aborde tous ses complexes, ou les questions inconfortables qui lui sont maintes fois posées; son orientation sexuelle, son genre etc. Dans “MTL Style Libre”, il s’interroge sur sa bisexualité; “Combien de filles y faut que je f*ck pour que mes amis m’admirent ? Combien de d*cks y faut que je s*ck pour que sois assez queer ?”. Dans « Sucre + sel » il aborde son genre d’un ton indifférent et détaché: « Pour toutes les fois qu’on m’a demandé si j’suis un homme ou une femme – Baby boomer, nah baby j’en ai rien à foutre de ton drame – Tu peux dire tout c’que tu veux », puis renchérit dans le couplet avec: « À moitié garçon, à moitié fille ou à moitié mort ». Il se livre également sur le harcèlement scolaire, bullying, qu’il a subi à l’école. Dans “Octembre” il confie notamment avoir été appelé “Hubert Fifi Brindacier” plus jeune.

Tout cela lui a donné dans la vie une grande source de motivation. Il paraît maintenant détaché de toutes ces remarques qu’il tourne en dérision. Dans l’interlude “Uber lenoir, c’est confirmé”, on peut entendre: “Hubert Lenoir est un idiot”. Mais Hubert Lenoir du haut de ses 25 ans n’a que faire de ces critiques. Mature et sûr de lui, il fait ici un pied de nez à tous ses haters. Cependant, si les critiques lointaines ne l’atteignent pas, le rejet de certains de ses amis en revanche le touche beaucoup. Il se met une nouvelle fois à nu dans “Ancien ami” où il évoque, au fil d’une conversation enregistrée, un proche qui lui aurait tourné le dos depuis quelques années et qui ne souhaite plus le contacter. Le titre se finit par un nouvel enregistrement audio pris au téléphone où Hubert confie: “c’est d’la vraie douleur là… c’est pas la même douleur que quelqu’un qui est dans un vidéo gore qui s’coupe le p*nis en deux… c’est d’la vraie douleur”. Le chanteur sous sa carapace je-m’en-foutiste se montre touchant et révèle ses failles.


 

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Hubert Lenoir fait passer un message d’acceptation de soi. Il n’y a pas besoin d’être monsieur Tout-le-monde pour s’intégrer ou pour réussir professionnellement. Etre fier de sa différence et ne pas avoir peur de montrer sa personnalité, ça, Hubert l’a bien compris. Dans le titre “Octembre”, il se confie en effet Vingt-cinq ans pour m’intégrer”. Hubert Lenoir, 25 ans, semble toujours travailler à s’intégrer au monde qui l’entoure, mais en même temps, il est fier de sa différence et n’est pas fâché de rester en marge des autres.

Du rejet au succès, Hubert Lenoir dresse les effets de la célébrité et de la vie de rockstar qu’il a connu après “Darlène”. Pictura de ipse: Musique directe” se veut comme une confession nocturne qu’on ferait à un ami en toute intimité. Hubert nous met tout de même en garde dans le livret de l’album: « Cet album est fait pour être inconfortable par moment ».


Un album éclectique, à son image

Différents jeux d’ambiance. Que ce soit dans les interludes ou dans les chansons elles-mêmes, Hubert Lenoir nous fait passer d’une atmosphère à une autre tout au long du disque. Laissez-vous guider par des bruits de corne de brume, des extraits parlés, des enregistrements personnels, des bruits d’aéroports ou de foule en délire… bref tout ce qui peut constituer le quotidien de Hubert Lenoir

Un album déroutant donc, et controversé. Les textes de Hubert Lenoir traduisent dans cet album tous les méandres de sa pensée, souvent torturée et en quête de sens. Dans « Dimanche soir” l’enfant terrible du Québec réaffirme son amour de la désobéissance et de la contradiction: “La terre brûle ça te fait mal, si c’est mal, ça doit être bien”.

Un 2e album pour Hubert Lenoir éclectique, conceptuel et varié qui est aussi dû à ses influences empruntés dans les villes où le projet musical a muri: Los Angeles, Tokyo, Québec, Montréal et Paris. Ces trois dernières ont un interlude dédié qui annonce un embarquement immédiat vers la prochaine track pour un nouvel univers plein de surprises. “Pictura de ipse: Musique directe” revêt un caractère expérimental et on devine de nombreuses influences; rap, électro, jazz surtout. Pour des chansons mélancoliques, optez pour “Hula Hoop”, “Phase”, “f.b.p” mais si vous aimez plutôt groover, “Sucre + sel”, “Octembre”, ou encore “Quatre-quarts” sont faites pour vous.


Des collaborations à ne pas rater

Ce deuxième album est enrichi de plusieurs collaborations qui ont muri aux quatre coins du monde. Sur les transitions “Paris transit”, “Montréal transit”, “Québec transit », nous retrouvons le duo punk québécois CRABE reprenant des chansons de Robert Charlebois. Notons aussi la collaboration sur “Octembre”, sans doute le titre le plus pop du disque, avec Bonnie Banane, artiste soul française (cocorico !). Dans le clip, on voit le duo déambuler dans les rues de Paris habillés en épouvantail et en sorcière … on en attendait pas moins de ces deux personnalités hautes en couleur !

 

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Mentionnons enfin que le disque a été en partie enregistré à Los Angeles avec le mastodonte de l’indie rock, Mac DeMarco.et Kirin J. Callinan, montrant les influences de Hubert Lenoir. On retrouve d’ailleurs ces artistes sur “Secret”, Kirin J. Callinan à la guitare et Mac DeMarco à la batterie. Sur fond de synthé ou encore de saxophone, Hubert continue de se confier sur cette chanson au titre explicite: “Condoléances à tous ceux qui sont comme moi”.


Bilan

Loin du glam rock de son premier album “Darlène”, “Pictura de ipse: Musique directe” se présente plus pour Hubert Lenoir comme un moyen de faire une thérapie musicale et de se confier sur son rapport à la musique, à lui-même et aux autres, que de faire l’album de l’année 2021. Le résultat de ce disque “autoportrait” est expérimental, haché et surprenant quand on ne connaît pas le personnage. Un autoportrait où Hubert Lenoir n’a pas voulu se limiter et où il peut être dur de s’y retrouver. Bref un album comme on pouvait s’y attendre venant de la part de Hubert Lenoir, même si avec Hubert Lenoir, justement, le secret est de ne s’attendre à rien.

“Pictura de ipse: Musique directe” parlera surtout à quiconque ayant déjà été victime de moqueries, de harcèlement ou à quiconque cherchant à accepter sa différence et à se détacher du regard des autres. 

> Et comme chez Live Actu on aime vous parler clips, embarquement immédiat pour la planète Hubert Lenoir avec le clip déjanté de “Dimanche soir” où Hubert tourne en dérision une émission de talk show entouré de sosies. Clip réalisé par Noémie D. Leclerc.

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