Chronique album • Loïc Nottet : « Sillygomania »

Le deuxième album de Loïc Nottet est enfin disponible !


Présentation

Trois ans nous séparent déjà de « Selfocracy ». Aujourd’hui, Loïc Nottet nous revient avec « Sillygomania », un disque très attendu mais malheureusement repoussé pour cause de confinement. Dernièrement emmené par le festif « Heartbreaker » puis le mélancolique et tiraillé « Mr/Mme », l’opus qui s’est peu à peu effeuillé a su montrer une palette plus large de sonorités. Pour ce nouvel essai, l’artiste a tenu à repousser ses limites, à explorer des univers sur lesquels il n’avait encore jamais pu s’atteler. Ce sont donc quatorze chansons qui constituent ce long format que nous avions eu la chance d’écouter il y a quelques semaines déjà. Maintenant qu’il est à vous, nous pouvons, sans ne plus perdre une seule seconde, vous en livrer notre avis. Rendez-vous ci-après pour découvrir notre chronique inédite !



• Il y en a vraiment pour tout le monde !

Force est de constater, dès la première écoute de « Sillygomania », que Loïc Nottet a su se renouveler et proposer un effort majestueusement complet sur son œuvre. Si les premiers extraits, distillés de-ci de-là, avaient alors annoncé la couleur, l’opus est on ne peut plus clair. Le jeune talent sait tout faire, et a bien raison d’exploiter pleinement son potentiel comme il l’entend. Bien que son prédécesseur « Selfocracy » fut exceptionnel, nous rendons aujourd’hui compte d’une projection artistique peut-être cantonnée à une dynamique définie. Et ce, de par l’importance du propos qui finalement se voulait assez sombre, exigu et profond. Aussi, cette observation se trouve tout à fait logique. En effet, c’était là le parti pris du projet, dans un souci d’approche cinématographique.

Mais Loïc Nottet n’a pas manqué de revoir ses plans sur ce deuxième long format. Pour preuve, ça part littéralement dans tous les sens ! Le jeune homme n’a pas hésité à libérer sa folie créatrice et à soulever pas moins de quatorze pépites implacables qui sauront toutes trouver leurs adeptes les plus absolus. Entre ballades ténébreuses et hymnes festifs enjoués, ce ne sont que des prises de risques payantes auxquelles nous avons droit sur « Sillygomania ». Comme nous aimions à le lui dire lors de notre rencontre, le disque ressemble à un road trip vers l’inattendu.

En effet, le projet semble construit selon des humeurs précises. Pas de fil conducteur réel, mais juste une expression libre et authentique de son ressenti au moment où lui vient la chanson qu’il s’apprête à mettre en forme avant de l’incorporer au tracklisting définitif. Musicalement, nous ressortons de près d’une heure d’écoute avec un large panel d’univers mis en exergue. La funk rétro des années ’80 poussée par le hit « Heartbreaker », la vibe latino du génialissime « Rosa Maria », la trap puissante de l’incontournable « Candy » ou encore la mélancolique et douloureuse complainte « Cry Out » n’en sont que quelques exemples parmi tant d’autres.



Chaque titre a son identité !

Textuellement, Loïc Nottet a émis le choix judicieux de jongler avec les émotions au fur et à mesure que « Sillygomania » avance. Si l’heure est à la fête dans le tubesque « TWYM », ou à la solidarité la plus fervente et fédératrice dans « On Fire », il y a aussi des moments plus sombres. Plus personnel, l’opus déconstruit progressivement chaque sentiment qu’il a pu rencontrer lors du processus créatif du projet. En effet, il s’agit là d’une extension de sa vision des choses, de ses expériences. L’auteur-compositeur-interprète s’y découvre davantage, et se veut totalement transparent vis-à-vis de son auditoire.

Loïc Nottet use de sa plume la plus aiguisée et douce à la fois pour emmener avec lui ses fans à se découvrir eux-mêmes. « Sillygomania » se présente à nous comme une réflexion autour de ces épreuves que nous sommes amenés à traverser, aussi joyeuses et déconcertantes qu’elles puissent s’amener. Cette approche contextuelle, l’artiste l’étend à son public aussi dans un souci d’apprécier l’autre, de le comprendre et de parer les jugements hâtifs. Car au fond, nous ne savons pas ce que chacun peut endurer. L’exercice se montre donc tout à fait libérateur et consciencieux dans un acheminement vers l’acceptation de tout un chacun.



Le bilan

Loïc Nottet nous sert aujourd’hui un « Sillygomania » fort complet, intuitif et didactique à souhait. Nous avons affaire là à un disque qui parle à tous, qui observe une démarche à la fois thérapeutique et soucieuse du bien-être des autres. L’opus, orchestré selon bien des registres encore inexplorés, reflète un consensus solidement généreux et bienveillant. En somme, nous sommes pleinement conquis par le travail rendu, et saluons une nouvelle fois le génie d’un jeune prodige qui a encore bien des surprises à nous proposer. Au plaisir de le revoir également sur scène dans les plus brefs délais !


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