Chronique album • L.E.J : « Pas Peur »

Débriefing du troisième essai d’un trio d’anthologie !


• Présentation •

En 2015, le trio originaire de la Seine-Saint-Denis observait une percée fulgurante dans les charts à l’aide de l’incontournable « Summer 2015 ». Suite à ce mashup qui aura révolutionné la pop francophone, les L.E.J ont pris le pari de proposer à la fin de cette même année un premier opus truffé de reprises à leur sauce, et y ont incorporé un inédit. La suite logique pour les filles était de sortir de leur zone de confort. Pour ce faire, « En Attendant L’Album » a ouvert une fenêtre de tir vers leur premier album de compositions originale paru en 2018, « Poupées Russes ». Un disque très convaincant, brillant, qui tourne encore dans notre playlist au sein de la rédaction.

Deux ans après cet effort, Lucie, Élisa et Juliette nous gratifient d’un troisième disque. « Pas Peur » investit aujourd’hui donc les plateformes digitales aussi bien que les bacs. Emmené par les incroyables et audacieux « Pas L’Time », puis « Tous Les Deux » dernièrement ou encore le single éponyme pour célébrer le lancement de la pré-commande, voilà que nous avons pu en découvrir l’intégralité. Pour vous, nous avons pris soin de l’écouter attentivement, et de vous en concocter notre chronique. Les L.E.J ont-elles su nous séduire de nouveau ? Ont-elle réussi à transformer l’essai ? La réponse dans les lignes à venir !



• De l’énergie positive à revendre ! •

« Poupées Russes » trouve en ce nouveau disque fraîchement paru son légitime successeur. Dans la continuité, cette fois-ci les L.E.J explorent les frustrations et doutes les plus enfouis en nous. Nos trois prodiges usent de « Pas Peur » pour se concentrer, avec subtilité et délicatesse, sur ce qui pousse l’être humain à être si réservé, craintif et par conséquent à manquer de confiance en lui-même. D’entrée, « C’Est Pas Parce Que » pose les bases de ce que le reste de l’opus nous proposera. Le titre offre en effet une réflexion sur la manière d’appréhender la vie selon son expérience. Et ce, malgré les paradoxes qui découlent de nos choix. Et ce, probablement par souci de se préserver. Parfois, il est plus facile de préférer le déni pour continuer à avancer paisiblement.

De là s’en suit un fil rouge précis, conduit par l’idée que le temps défile de manière vertigineuse. Les jeunes femmes nous convient à casser une routine réconfortante. Rassurantes à souhait, les filles évoquent l’importance d’aborder la vie comme elle vient. Et ce, tout en laissant nos peur les plus profondes de côté. Pour ce faire, une rigueur s’impose. Et il s’agit de celle de s’ouvrir au monde, de le comprendre et de l’accepter selon les différences qu’il nous propose. Aussi, c’est tous ensemble que nous pouvons soulever des montagnes, aller encore plus loin. Cette démarche, soucieuse et pleine de délivrance, redore un gain de confiance en la beauté de ce qui se présente au quotidien. Car c’est en communauté que se diriger vers une dynamique conduite par l’amour et la tolérance est possible.

Les L.E.J usent donc d’une plume toujours aussi pleine de bon sens et de ferveur, d’authenticité et de génie, au service d’une invitation vers de meilleurs lendemains. En amour comme en amitié, tout passe par un travail sur soi-même, comme le martèle si bien l’exceptionnel « La Vie N’Est Qu’Un Je » partagé avec Kemmler. Lorsque nous trouvons une osmose suffisamment puissante avec notre for intérieur, il est bien plus aisé de vivre pleinement sans manquer une miette de notre existence. De plus, le disque se boucle avec brio par le titre éponyme de l’album. Celui-si s’apparente telle une synthèse du propos élancé sur quinze titres habiles et extraordinaires. Comprenez que l’on peut être confronté au pire, mais que la fatalité serait d’y faire face seul.



• Un projet encore plus ambitieux ! •

Les L.E.J voient certes leur originalité sortir du lot de par le violoncelle exploité par Juliette. Mais s’il était une dominante identitaire au groupe jusqu’à présent, celui-ci semble un peu plus étouffé. Et ce, au profit de productions encore plus solaires, allant puiser dans des influences parfois plus urbaines, parfois plus latines, parfois plus électro comme en témoignent respectivement le poignant « Milliards De Roses », l’électrique « Pas L’Time » ou le séduisant « Tango ». Pour autant, sa présence distillée avec parcimonie n’enlève rien à la qualité du long format. D’autant plus que si vous tendez bien l’oreille, il s’invite au gré de variantes plus percussives. Et la violoncelliste vient même donner de la voix, pour notre plus grand plaisir, sur le bouleversant « Dentelle ».

« Pas Peur » regorge donc de tubes indéniables, et marque une prise de risque à saluer, à l’image de l’intitulé de l’ensemble de leur travail fourni sur cet effort. Le résultat n’en est que plus plaisant encore. Les registres se multiplient, se marient avec brio, pour un rendu encore plus fédérateur qui saura en ravir plus d’un. Aussi, le trio a réussi le pari de réunir un casting hors-pair sur « Pas Peur ». De plus, chaque protagoniste s’adapte avec aisance à l’univers des demoiselles. De quoi proposer une lecture encore plus dotée de partage. Youssoupha, Bigflo & Oli, Kemmler, Chilla et Fakear viennent donner la réplique à nos trois artistes. Et leurs contributions n’en sont qu’idéales et des plus bienvenues.



• Le bilan •

Encore une fois, les L.E.J ont réussi un grand coup de maître. Avec « Pas Peur », le trio fait voyager nos émotions avec ce qui ne nous étonne pas, à savoir une précision intense et une bienséance à toute épreuve. Coutumières de textes à multiples axes de lecture, d’un génie productif et d’un souci du détail finement léché, elles nous offrent là ce que l’on appelle la perfection. En bref, ce troisième long format, ce sont seize titres imparables, d’une qualité inégalable, et pas moins de cinquante minutes d’écoute rassurantes, douces et libératrices. Vous l’aurez compris, nous avons là affaire à un indispensable qui mérite un succès à la hauteur de sa perfection !


l.e.j pas peur rating note chronique review


san-nom review mixtape rien

Chronique mixtape • San-Nom : « Rien »

  • 1.4k Views

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *