Chronique album • Halsey : « Manic »

Que vaut le dernier album de Halsey ? On vous dit tout !


Présentation ⇒ Un peu plus de deux ans après avoir proposé « hopeless fountain kingdom », Halsey est de retour dans les bacs depuis le 17 janvier dernier. Cette fois-ci, elle nous sert « Manic », un disque riche de seize nouvelles chansons, notamment porté par le devenu viral « Without Me ». Alors certes, le morceau se fait “vieux” car paru fin 2018, mais son ancienneté n’est autre que la pièce maîtresse de l’œuvre intégrale. Il faut dire qu’avec ce troisième long format, la chanteuse ne nous a pas facilité la tâche… Bien au contraire ! À tel point que nous avons dû nous aventurer dans les méandres les plus profondes de chaque composante artistique du projet pour s’en faire un avis bien tranché, justifié, à notre sens logique et le plus objectif possible.

« Manic » est-il donc une bonne surprise à se procurer de toute urgence ? Ou Halsey a-t-elle loupé le coche ? La complexité de ce nouvel essai débriefée dans les moindres détails, ça se passe dès maintenant sur Live Actu dans les lignes à suivre. Bonne lecture !



Dans la tourmente ! ⇒ Quitte à mettre les pieds dans le plat, autant le faire d’entrée une bonne fois pour toutes. N’y voyez pas quelconque invective à l’encontre de l’artiste par la suite cependant. En effet, nous tenons à être les plus explicites possibles vis-à-vis de vous, pour que vous compreniez bien ce à quoi vous devrez vous attendre si l’envie de nourrir votre curiosité se présente. « Manic », c’est tout bonnement l’album d’une demoiselle complètement déboussolée, désorientée, presque dérangée. D’emblée, sur l’introspective introduction, Halsey conscientise – en parlant sous son vrai patronyme qu’est Ashley – de sa fragilité. Et ce, sans le moindre filtre, en toute transparence. D’ailleurs, l’artiste en a-t-elle fini de se cacher derrière un personnage pour se livrer ainsi ? C’est bien là que se pose la question tant elle dépeint l’idée de faire mourir une légende – selon ses propos – au profit du démarrage d’une toute nouvelle ère.

Ce qu’il y a à retenir derrière cette analyse, ce n’est pas que Halsey a pris le melon de manière indécente et irrespectueuse. Que nenni, car elle amène à comprendre qu’en chacun de nous sommeille un être tiraillé, une entité amenée à disparaître, au risque de manquer à certains qui garderont un souvenir impérissable et presque iconique, pour laisser place à une nouvelle version de soi-même. Il est en effet le temps, pour la jeune artiste, de tourner une page… celle des infidélités, des déceptions amoureuses et amicales, des déboires et sévisses de la vie quotidienne. Et le processus de rédemption démarre là où l’acceptation se fait la plus saine et authentique. Une démarche qu’elle entreprend avec brio, expliquant par la suite ne pas avoir besoin dans sa vie d’une personne en particulier mais de tout le monde. Consciente de l’importance de chacun, elle appelle à l’amour, au respect de tous et à la compréhension des parcours de chacun.

Profondément déçue, comme nous vous l’avons mentionné à demi-mot ci-dessus, Halsey en profite pour laisser s’échapper la rancœur qui l’intoxiquait jusque alors. « Manic », c’est aussi bien une thérapie évidente qu’une complainte des temps modernes. Car oui, la jeune femme se plaint sur l’ensemble du disque si l’on observe une lecture littérale de son essai. Or, malgré tout, elle ne souhaite pas qu’on la plaigne, mais qu’on la comprenne. Habilement, elle dresse un tableau de seize chansons qui lui permettent d’appréhender la vie de façon apaisée. D’autant plus que la colère aurait pu primer et s’extirper dans ses écrits, tant les épreuves qu’elle a pu traverser se montrent malheureusement douloureuses et incurables. En toute simplicité, avec des mots tendres transpirant de bonne volonté et de bienveillance, Halsey se libère de ses démons et signe une œuvre complète à travers laquelle la quête de la paix intérieure semble réussie.



Le sens de la vie !Halsey n’a que 25 ans, et dépeint une immaturité que nous jugeons illégitime sur une première partie de l’album. Si avec tendresse, elle rend compte de ses erreurs et semble aspirer à la vengeance, comme par exemple sur « You Should Be Sad » ou « 3am », ce n’est que sur un dernier quart de l’album qu’elle aborde avec plus de recul une maladresse palpable. Comme elle l’explique si bien avec « Still Learning », elle n’est encore qu’en apprentissage de la vie. Cela implique donc de faire des choix pour l’artiste, et de les comprendre notablement. Par ailleurs, le fait d’aborder avec humilité ses addictions passées, le stress et les traumatismes par lesquels elle est passée, lui ouvre une porte vers l’autre. Plongé dans son univers, cette sorte de journal intime qu’est « Manic » provoque instantanément la compassion, l’affranchissement d’une réserve que nous pourrions émettre à son encontre. Car finalement, ce dont il résulte, c’est que nous avons affaire à un être humain empli d’émotions qui peuvent se montrer contradictoire, mais qui montrent bel et bien ce qui est commun à tout un chacun.

Sur trois interludes, Halsey a pris soin d’inviter respectivement trois références qu’elle affectionne particulièrement. L’intérêt de celles-ci est tout bonnement d’offrir un axe de réflexion sur les principes fondamentaux que l’intéressée souhaite mettre en avant. Propulsée par le besoin d’amour, de sexe éventuellement pour s’épanouir ou encore de relations fraternelles avec ses pairs, elle a confié la tâche à Dominic Fike, Alanis Morissette ou encore SUGA du groupe BTS pour étayer la réflexion et l’importance de ces valeurs si étroitement liées de bon sens en définitive. Faites l’amour, pas la guerre, comme le stipule le célèbre adage.



La production ! ⇒ Le disque se veut très pop, dans la continuité de son prédécesseur, et pourtant bien plus lumineux. Pour autant, nous noterons une première moitié d’album non surprenante, presque trop évidente. Des sept premiers morceaux ne ressort finalement que « You Should Be Sad » qui tend à bouleverser les habitudes de l’auditeur de par son atmosphère country profondément réussie. En revanche, dès « 3am », nous sommes soumis à davantage de prise de risques, tant sur l’instrumentalisation que sur la profondeur des arrangements, notamment effectifs sur la voix. Halsey s’aventure un peu plus donc sur cette deuxième moitié, et termine en beauté avec un « 929 » – en référence à sa date d’anniversaire – qui officie telle une outro ouvrant sur un champ des possibles des plus larges vers un quatrième disque.



Le bilan ! ⇒ En somme, Halsey séduit avec « Manic » et propose un disque assez complet, malgré une première partie trop hésitante face à la prise de risques. Textuellement parlant, nous admirons cette simplicité, cette humilité, et cette invitation dans son intimité la plus touchante et intègre. Nous avons, au sein de la rédaction, établi un top 3 des meilleurs titres du projet. Nous y retrouvons donc « Still Learning » qui est un véritable petit bijou, l’enivrant « 3am » doté de son absolue authenticité, ainsi que l’excellent « You Should Be Sad » que la demoiselle utilise actuellement comme nouveau single d’exploitation.


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